Serge Ayoub
Naissance 29 octobre 1964 (1964-10-29) (45 ans) Bagnolet (Seine-Saint-Denis), France France
Nationalité France Français
Serge Élie Ayoub, né le 29 octobre 1964, est un militant français d'extrême droite.
Biographie
Originaire de Bagnolet, il découvre le milieu skinhead à l'âge de quatorze ans à l'occasion d'un séjour linguistique en Angleterre et décide de rejoindre cette mouvance. Après une scolarité au sein du lycée Saint-Sulpice, il s'investit davantage dans le milieu skinhead d'extrême droite et acquiert rapidement le surnom de « Batskin » en raison de l'utilisation fréquente qu'il faisait des battes de baseball lors des affrontements physiques avec ses adversaires politiques notamment lors d'un affrontement au lycée Charlemagne de Paris.
Militantisme politique et activisme bonehead
Très actif durant les années 1980 avec sa bande de skinheads d'extrême droite appelée « le Klan » et ayant pour symbole une rune rouge — d'où l'appellation « poissons rouges » qui leur était donnée —, il tente de devenir le leader des hooligans du Parc des Princes, « supporters » du PSG, afin de les politiser, avec le Pitbull Kop, sans véritable succès. Il fonde ainsi en 1987 les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) et s'inscrit comme étudiant à l'Université de Paris VI (Jussieu) où il aurait été coutumier des affrontements avec les divers groupes antifascistes, dont le plus connu est les Red Warriors. Les JNR furent médiatisées dans les années 1980-1990, notamment du fait de la violence de leur engagement, et Serge Ayoub fit plusieurs apparitions télévisées lors de débats ou de reportages. Après avoir été associées à Jean-Gilles Malliarakis, dirigeant du Mouvement nationaliste révolutionnaire, puis de Troisième voie, les JNR s'en dissocient dès 1989, à la suite de la « droitisation » de ce dernier.
En 1990, il devient le petit ami de la future actrice pornographique Tabatha Cash. Dans le même temps, il travaille dans une boutique de disques Oldies but Goodies.
Il ouvre ensuite plusieurs boutiques de fanzines et d'accessoires pour boneheads : Dark Side (dans le 14e arrondissement), qui fut dynamitée fin 1993, puis une autre, Dark Lords (cette fois dans le 15e), qui fut fermée par décision préfectorale en mai 1994, à la suite de la manifestation marquée par la mort du militant nationaliste Sébastien Deyzieu. La même année, le 19 janvier, il est condamné avec Joël Giraud et Éric Rossi à 8 mois de prison avec sursis après l'attaque d'un groupe de jeunes le 22 avril 1990, ainsi que pour l'agression de Karim Diallo à Paris en 1990 sous l'½il des caméras de la Cinq.
Dans les années 1990, après un séjour de neuf mois en prison pour trafic de stéroïdes (il fut en effet arrêté lors d'un festival de bikers pour possession de métamphétamine — de l'ICE — d'origine japonaise), il s'éloigne de l'action politique et dit avoir travaillé plusieurs années à l'étranger, au Salvador, en Lituanie et en Russie.
En 1993, il se présente aux élections législatives où il obtint 0,17 % des voix.
Retour en France
À l'été 2006, il ouvre à Paris un bar (Le Garage), dans le quartier d'Oberkampf (11e arrondissement) et déclare évoluer désormais dans le milieu Biker.
Il participe les 8 et 9 septembre 2007 à l'université d'été du mouvement Égalité et Réconciliation, présidé par Alain Soral, dont il s'éloigne pourtant rapidement, en raison d'un désaccord avec les vues de Soral sur l'immigration.
Déclarant avoir décidé de fermer Le Garage pour se concentrer sur une activité plus politisée, il a lancé en 2007 la « Société des Égaux » ainsi que « Le Local » — monté avec l'aide de Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD dans les années 1990, et la participation initiale d'Alain Soral —, un bar situé au 92 de la rue de Javel et se présentant comme un espace de rencontre associatif pour les « nationaux “des deux rives” ». Des conférences sur l'histoire et l'actualité y sont régulièrement organisées, avec des invités tels que Jean-Paul Gourévitch, Pierre Sidos, Pierre Hillard, François-Bernard Huyghe (membre de l'Institut de relations internationales et stratégiques et proche des cercles chevènementistes), Pierre-Yves Rougeyron (fondateur du Cercle Aristote et membre du Rassemblement pour l'indépendance de la France de Paul-Marie Coûteaux), Guillaume de Tanoüarn de l'Institut du Bon-Pasteur, Romain Bessonnet, spécialiste de la Russie (ancien du Parti communiste et membre du MRC), Jean-Marie Vianney Ndagijimana (ancien ambassadeur du Rwanda en France, ex-Ministre des Affaires étrangères et opposant à Paul Kagame), Véronique Hervouët (psychanalyste et spécialiste des « fondements archaïques de la crise identitaire »), David Mascré (directeur des études de l'Institut de recherches indépendant pour l'éducation (IRIÉ) et auteur de l'ouvrage Des barbares dans la cité) ou encore Maurice Gendre (rédacteur à B.I et encarté au Parti ouvrier indépendant de Daniel Gluckstein). Le 28 juin 2008, à l'occasion d'une French Pride organisée au Local, Serge Ayoub y reçoit Marine Le Pen et les blogueurs influents de la « réacosphère ». En avril 2009, Philippe Goujon, maire UMP du 15e arrondissement, a annoncé vouloir obtenir la fermeture du bar.
En 2008, il a publié chez Scribedit un premier roman, Conte barbare, et « prépare d'autres événements littéraires ».
Le 13 mars 2009, il diffuse sur Dailymotion un documentaire en cinq parties intitulé Sur les pavés, retraçant ses années bonehead et se présentant comme une réponse au DVD Antifa chasseurs de skins, réalisé l'année précédente par ses anciens adversaires redskins.
¼uvres
Serge Ayoub, Conte barbare, Scribedit, Paris, 2008, 184 p.
Bibliographie
Éric Rossi, Jeunesse française des années 80-90 : la tentation néo-fasciste, sous la dir. et préf. d'Hugues Portelli, LGDJ, 1995, 382 p.
Filmographie
Sur les pavés, autonomiste media, 2009.